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Salim Arrache: "Un nivellement par le haut"
Actuellement, au Gabon et en Guinée équatoriale se déroule la Coupe d'Afrique des nations 2012, une compétition reine sur le continent africain mais amputée cette année de plusieurs cadors comme le Cameroun, l'Algérie, le Nigeria, l'Egypte ou l'Afrique du Sud. Salim Arrache, international algérien (13 sélections 1 but), assure pourtant que cette situation n'a rien d'étonnant et qu'elle s'explique par une nette progression des formations présumées plus faibles ces dernières années. Quant à l'Algérie, l'ancien Marseillais ou Toulousain est confiant pour l'avenir.
Football-mag: Salim, depuis le début de la compétition, avez-vous pris le temps de vous poser en observateur de cette CAN 2012 ?
Salim Arrache: Très franchement, c'est difficile. Je me tiens au courant des résultats mais je n'ai pu voir tous les matches. J'ai malgré tout notamment pu assister aux prestations de la Zambie et je ne suis pas étonné de retrouver cette équipe à ce niveau. Lors de la dernière Coupe d'Afrique, ils avaient déjà surpris pas mal de monde et ils confirment, en présentant un jeu très spectaculaire, engagé et offensif. Et puis il y a cette équipe du Sénégal... Quand on voit les noms qu'ils présentent dans le secteur offensif, avec Moussa Sow, Demba Ba, Papiss Cissé ou Mamadou Niang... Et pourtant ils ont perdu le premier match et n'ont pas réussi à réagir sur le deuxième. J'avais eu Niang après le match et il était très déçu. Un nom sur le maillot, ça ne suffit plus en Afrique.
Ce manque d'intérêt pour la CAN est-il lié aux absences de quelques cadors du continent ?
Non, absolument pas. Ce n'est pas un manque d'intérêt mais un manque de temps. Pour moi, même si certaines grosses équipes sont absentes de ce tournoi, comme le Cameroun ou le Nigeria, cela n'enlève aucun intérêt aux matches qui se jouent. Il ne faut pas se leurrer, la Libye, le Soudan, le Botswana ou je ne sais quelle autre formation que le grand public ne connaît pas bien, elles méritent complètement leur place à la CAN. C'est juste que le niveau de jeu est en constante progression en Afrique depuis quelques années. En Europe, on a connu ce phénomène avant, notamment après l'explosion de l'Europe de l'Est, et en Afrique, cela arrive maintenant. Cela n'a rien de suprenant. Il y a un nivellement vers le haut et certains grosses équipes l'ont appris à leurs dépens pendant les éliminatoires. On ne peut plus se permettre d'aborder les matches en sélection en sachant qu'on va gagner contre tel ou ou tel adversaire.
"Halilhodzic va apporter toutes ses compétences à l'Algérie"
Sur quels critères vous basez-vous pour avancer cette thèse ?
Tout simplement parce que j'en ai fait l'expérience personnelle par le passé. Il y a quelques années déjà, lorsque j'étais convoqué régulièrement en équipe d'Algérie, j'étais parti jouer au Rwanda dans des conditions difficiles. Je suis arrivé là-bas en me demandant si ça jouait au ballon dans ce pays. Et je me suis vite rendu compte de mon erreur. Les Rwandais savaient déjà jouer au ballon et nous avaient posé beaucoup de problèmes. Et c'était il y a un petit bout de temps déjà, ce phénomène n'a fait que s'amplifier au gré des années et le tableau de la CAN en est la preuve aujourd'hui. Tous les joueurs africains qui évoluent en Europe ne se rendent pas forcément compte de l'évolution des choses et sont surpris au moment du match. Malheureusement, il est trop tard et on peut vite être éliminé.
L'Algérie justement, ne figure pas parmi les équipes qualifées pour la CAN 2012...
Oui. Lorsque l'on a fait la CAN 2010, puis la Coupe du monde la même année et qu'on ne parvient pas à se qualifier pour la CAN suivante, c'est qu'il y a un gros problème. Avec Rabah Saadane, nous avions un sélectionneur qui ne comprenait rien à rien mais qu'il faut malgré tout respecter car il a réussi à redresser la sélection. Mais pour franchir un pallier et progresser, il ne fallait pas le garder. Ensuite, c'est Abdelhak Benchikah qui a été nommé et ça n'a pas fait du bien à cette sélection. Un technicien local, ce n'était pas une bonne idée... Par contre, avec l'arrivée de Vahid Halilhodzic, je suis plutôt confiant pour l'avenir. Il va apporter de la rigueur et toute ses compétences, ce qui devrait donner des résultats rapidement. Et puis, au pays, il y a une académie Jean-Marc Guillou qui s'est ouverte, le Paradou. Je suis allé là-bas et j'ai été sidéré par le niveau des gamins. C'est incroyable, ils sont tout petits et savent déjà faire des choses vraiment étonnantes avec un ballon. Pour l'avenir du football dans le pays, je ne me fais pas de souci.
Et que pensez-vous de la décision de faire jouer l'édition suivante dès l'an prochain ?
Sur le fond, c'est une bonne chose, mais ce qui est certain, c'est que ça ne va pas faire du bien aux footballeurs africains. Deux Coupe d'Afrique des nations deux ans de suite, cela va forcément se voir sur le marché des transferts. L'été prochain, les clubs européens vont forcément hésiter à recruter des joueurs africains, c'est une évidence. Ils préfèreront prendre un Européen moyen plutôt qu'un bon Africain qui va encore devoir s'absenter pendant un mois. Et puis ceux qui espèrent changer de club l'été prochain parce qu'ils ne sont pas bien là où ils sont vont avoir des problèmes pour trouver une nouvelle équipe.
Auteur: Alban Lagoutte





Commentaires
Moi aussi je suis allé voir des jeunes en Algérie et l école du paradou c du vent...
La formation de jeunes c plus sérieux que de dire aux enfants de jouer pied nus..
Le vrai problème de la CAN c sa programmation au mois de janvier ...
Et mieux q'un Ziani, titulaire indiscutable 2 ans sans faire une passe décisive, sans but,..!