
- Afrique -
CAN 2012
Maroc, autopsie d'un échec
Pour la troisième fois en autant d’éditions de la CAN, le Maroc ne sera pas au rendez-vous des quarts de finale. Le constat d’échec est d’autant plus accablant que les Lions de l’Atlas avaient cette année suscité certains espoirs, au point d’être rangés par bon nombre d’observateurs parmi les favoris de la CAN. Las. Eliminé dès son deuxième match de poule, le Maroc n’a pas fait le poids, s’inclinant par deux fois d’un but, face à la Tunisie et au Gabon, sans jamais parvenir à imposer son jeu dans la durée. Et même la victoire conclusive sur le Niger (1-0) n’aura pas permis de lever les doutes. Se considérant comme le premier responsable de cet été échec, Eric Gerets n’a pas esquivé les questions qui fâchent. Interrogé puis relancé sur les causes du flop, le sélectionneur a avant tout déploré le manque d’efficacité et de force mentale de ce groupe assez jeune, qui ne sut pas « gérer » la situation quand les événements étaient contraires, en particulier lors de la deuxième période face au Gabon. Le technicien belge ne s’est en revanche pas apesanti sur les causes profondes de l’échec. Analyse.
Des cadres pas tous à la hauteur
Les faits sont têtus. En trois matches, le Maroc a encaissé cinq buts, soit près de trois fois plus que lors des six rencontres du groupe D des éliminatoires, remporté haut la main par les Lions. Associé à un Ahmed Kantari juste revenu de blessure, Mehdi Benatia est apparu loin de la forme resplendissante affichée cet automne avec l’Udinese. En attaque, le bilan n’est guère meilleur. Le Maroc a marqué quatre buts, dont un aurait dû être refusé pour un hors-jeu flagrant. Et les quatre fois par des milieux de terrain, rares à avoir joué sur leur niveau (Houssine Kharja à trois reprises et Younes Belhanda pour finir). C’est peu. Trop peu. Questionné par un journaliste au sujet de la titularisation de Marouane Chamakh, un confrère s’était fait sévèrement rembarrer. La question méritait pourtant d’être posée, même si Youssef El Arabi n’a pas franchement relevé lorsqu’il fut aligné en lieu et place du Gunner… Quant à Mounir El Hamdaoui, auteur durant les éliminatoires du si précieux but de la victoire en Tanzanie, il n’était pas dans le groupe, la faute à une panne totale de temps de jeu à l’Ajax Amsterdam.
Un manque de répondant sur le plan physique
Privé de vitesse et de percussion, le Maroc a le plus souvent présenté le visage d’uen équipe en méforme physique. Au contraire de la Tunisie ou du Gabon, les Lions ont souvent connu une baisse de régime après l’heure de jeu. Dès son arrivée à Libreville, Houssine Kharja avait confié être surpris par le climat de la capitale gabonaise. « On est surpris par le climat très chaud, voire moite. Cela fait une différence par rapport à Marbella, où l’on s’est préparé », avait indiqué le joueur de la Fiorentina à Footafrica365.fr. Alors, la préparation, effectuée sous un climat méditerranéen, était-elle adéquate ? Interrogé par nos soins à ce sujet, Eric Gerets a balayé la question d’un revers de main. « Si tu vas deux semaines dans un pays plus chaud, tu peux être plus fatigué quand tu arrives au Gabon. A Marbella il ne faisait pas -5°. Il faisait 21° en moyenne. En toute honnêteté, je ne pense pas que cela ait joué. Aujourd’hui [hier], le Niger était plus fatigué, ils s’étaient préparés en Sibérie ? » Certes ? Sauf que face au Mena national alignant son onze type, le Maroc a présenté une équipe composée en grande partie d’hommes frais, non entamés par les rudes batailles livrées face à la Tunisie et au Gabon. A méditer, en vue des échéances importantes qui attendent les Lions de l’Atlas, qui ne sont toujours pas certains d’être toujours coachés par Eric Gerets à l’avenir.
Patrick Juillard, à Libreville (FootAfrica365)




